Le secteur de la coiffure et de la beauté recrute à Arles

Le secteur de la coiffure manque d’au moins 10 000 professionnels en France, avec des offres d’emploi en hausse de 15 % au premier trimestre 2025. À Arles, ville touristique de 51 156 habitants aux portes de la Camargue, cette tension nationale se traduit par des salons en recherche active de coiffeurs, coloristes et esthéticiennes. Voici les métiers qui recrutent et comment y accéder.
Arles, une ville touristique en plein développement
Avec 51 156 habitants, Arles est la plus vaste commune de France métropolitaine, un statut qu’elle doit à l’intégration d’une grande partie de la Camargue dans son territoire communal. Ville d’art et d’histoire classée au patrimoine mondial de l’Unesco, elle attire toute l’année des visiteurs venus découvrir son patrimoine antique, ses arènes et les paysages sauvages de la Camargue voisine.
Cette économie touristique irrigue directement le secteur de la beauté et de la coiffure local : entre les habitants et une clientèle de passage qui recherche un service ponctuel avant un événement ou pendant un séjour, les salons arlésiens doivent gérer un flux de clientèle plus irrégulier et plus dense en saison que dans une ville sans attrait touristique comparable.
Les grands rendez-vous du calendrier arlésien, férias, festivals photo, mariages organisés dans les mas de Camargue, génèrent des pics de demande ponctuels sur des prestations précises : chignons de cérémonie, coiffures événementielles, coupes express avant un rendez-vous professionnel. Les salons qui savent absorber ces pics sans dégrader leur service courant se démarquent nettement de la concurrence sur un marché local relativement dense.

La coiffure, deuxième secteur de l’artisanat français
À l’échelle nationale, la coiffure représente un poids économique considérable : plus de 101 900 établissements recensés en 2022, ce qui en fait le deuxième secteur de l’artisanat en France, juste derrière le bâtiment. Le secteur emploie environ 179 700 actifs pour un chiffre d’affaires d’environ 5,2 milliards d’euros, selon les chiffres clés 2025 publiés par l’Union Nationale des Entreprises de Coiffure (UNEC) en collaboration avec l’Institut Supérieur des Métiers.
Cette taille économique contraste pourtant avec une réalité de terrain difficile : malgré la multiplication des salons, l’offre de personnel qualifié ne suit pas la demande, une situation qui touche aussi bien les grandes métropoles que des villes moyennes à forte fréquentation touristique comme Arles.
Le nombre d’établissements continue pourtant de progresser chaque année, porté par des créations de salons indépendants et par le développement de franchises implantées dans les zones commerciales périphériques. Cette dynamique de création, positive pour le dynamisme économique du secteur, aggrave paradoxalement la tension sur le recrutement : chaque nouveau salon qui ouvre ses portes doit immédiatement trouver du personnel qualifié dans un vivier de candidats qui ne grandit pas au même rythme.
Une pénurie de coiffeurs qui touche tout le territoire
Le constat de l’UNEC est sans détour : il manque au moins 10 000 coiffeurs en France. Au premier trimestre 2025, le nombre d’offres d’emploi dans le secteur a de nouveau fortement progressé, en hausse de 15 % par rapport au premier trimestre 2024. Cette tension se double d’une baisse du nombre d’apprentis en formation, 23 400 en 2024, en recul de 3,5 % sur un an, ce qui laisse présager une pénurie durable plutôt qu’un pic conjoncturel.
Pour un candidat en recherche active sur le bassin arlésien, suivre régulièrement les annonces d’emploi à Arles permet de repérer les postes de coiffure et de beauté dès leur publication, en particulier à l’approche de la haute saison touristique où les salons renforcent leurs équipes pour absorber le surcroît de clientèle.
Pour un salon arlésien, cette situation se traduit concrètement par des recrutements qui traînent en longueur, particulièrement pour les postes les plus qualifiés (coloriste, coiffeur-visagiste), et par un recours croissant à l’apprentissage pour former des profils directement en interne plutôt que d’attendre l’arrivée de candidats déjà expérimentés.
Certains gérants de salon rapportent des délais de recrutement de plusieurs mois pour un poste de coloriste confirmé, contre quelques semaines seulement il y a encore cinq ans. Cette évolution pousse une partie des salons à revoir leurs critères de sélection à la baisse sur l’expérience préalable, en misant davantage sur la formation accélérée en interne pour compenser la rareté des profils déjà opérationnels sur le marché local.
Les métiers de la coiffure et de la beauté qui recrutent à Arles
Plusieurs profils concentrent les besoins des salons et instituts arlésiens :
- Coiffeur / coiffeuse polyvalent(e) : coupe, coiffage, conseil client, la base du métier recherchée dans la quasi-totalité des salons.
- Coloriste : maîtrise des techniques de coloration et de mèches, un poste plus qualifié et généralement mieux rémunéré que la coiffure généraliste.
- Barbier : taille de barbe, rasage traditionnel, un créneau en forte croissance depuis plusieurs années porté par le retour en grâce de la barbe soignée.
- Esthéticienne : soins du visage et du corps, épilation, souvent proposés en complément de la coiffure dans les salons qui diversifient leur offre.
- Réceptionniste / assistant(e) de salon : accueil, prise de rendez-vous, vente de produits, une porte d’entrée fréquente vers une formation ultérieure en coiffure.
- Coiffeur-visagiste : conseil personnalisé selon la morphologie du visage, un positionnement haut de gamme de plus en plus recherché par une clientèle qui veut un résultat sur mesure plutôt qu’une coupe standardisée, dans l’esprit des conseils déjà présentés pour choisir sa coupe selon la forme du visage.
Certains salons arlésiens combinent déjà plusieurs de ces compétences sous un même toit, un modèle de salon polyvalent qui répond bien à une clientèle touristique pressée par le temps et qui préfère regrouper plusieurs prestations en un seul rendez-vous plutôt que de multiplier les adresses pendant un court séjour. Ce format séduit aussi les recruteurs, qui y voient un moyen de fidéliser une équipe autour d’un projet de salon plus riche qu’une simple offre de coupe standard.

Pourquoi les jeunes se détournent en partie du métier
Le paradoxe est frappant : un secteur en croissance qui peine à attirer les nouvelles générations. Le travail du samedi, jour de plus forte affluence en salon et donc rarement négociable, entre en tension directe avec les attentes de vie sociale des jeunes actifs. L’endurance physique exigée, station debout prolongée, gestes répétitifs, sollicitation constante du dos et des poignets, pèse aussi dans la balance face à d’autres métiers perçus comme moins usants.
Ce constat n’enlève rien à l’attractivité réelle du métier pour les profils qui s’y projettent : créativité technique, relation client valorisante, possibilité d’évoluer vers l’ouverture de son propre salon après quelques années d’expérience. C’est justement cette dimension créative et relationnelle, celle qui aide un client à retrouver de la confiance en soi grâce à une nouvelle coupe, qui pousse de nombreux salons à revoir leur communication de recrutement, en insistant moins sur la technique pure et davantage sur l’épanouissement professionnel offert par le métier.
Les salons les plus attractifs pour les jeunes diplômés proposent désormais un jour de repos fixe en semaine en compensation du samedi travaillé, une organisation en binôme pour éviter l’isolement en heures creuses, et un accès facilité à des formations continues sur les techniques tendance, plutôt qu’une simple augmentation de salaire isolée. Ces ajustements, encore minoritaires, commencent à faire la différence dans un marché du recrutement où le bouche-à-oreille entre professionnels reste déterminant.
Se former : le CAP et au-delà
Le CAP Métiers de la coiffure reste le premier diplôme de référence du secteur : il concentre la moitié des effectifs d’apprentis et près de la moitié des élèves scolarisés dans la filière coiffure. Pour encourager les salons à recruter et former de nouveaux profils, une prime à l’embauche d’alternants de 6 000 euros est en vigueur depuis 2023, un levier financier non négligeable pour un petit salon indépendant qui hésite à s’engager sur un contrat d’apprentissage.
Au-delà du CAP, un Brevet Professionnel permet d’accéder à des postes de responsable de salon ou de formateur, tandis que des formations courtes et spécialisées, coloration avancée, techniques de barbier, extensions, permettent à des coiffeurs déjà en poste de se différencier sur un marché où la polyvalence technique reste l’un des critères les plus recherchés par les recruteurs. Une bonne maîtrise d’une routine capillaire complète, au-delà du seul geste de coupe, devient également un argument de vente auprès d’une clientèle qui attend désormais des conseils personnalisés plutôt qu’une prestation isolée.
Pour les profils qui visent le métier de barbier, une formation complémentaire sur l’entretien de la barbe et le rasage traditionnel permet de répondre à une demande locale en forte croissance, portée par une clientèle masculine de plus en plus attentive à son image, y compris dans une ville de taille moyenne comme Arles où l’offre de barbiers spécialisés reste encore limitée.
Prochaine étape : cibler les salons arlésiens en amont de la haute saison touristique, valoriser une double compétence coiffure et coloration ou coiffure et barbier si possible, et se renseigner sur les dispositifs de formation en alternance avant de candidater dans ce secteur qui, malgré la tension sur le recrutement, continue d’offrir de réelles perspectives d’évolution.